Accueil Le régiment Historique

Historique du 17

 

insigne du 17e Régiment  colonial du Génie

Ecusson Rhin et Danube

Le génie parachutiste, qualificatif qui a remplacé celui d’aéroporté, apparaît à la fin de la seconde guerre mondiale. Mais le numéro 17, dans l’arme du génie, est bien antérieur à l'histoire de notre actuel régiment.

En effet les premières formations "17" remontent à la guerre de 1870-71, à l'expédition de 1881 en Tunisie, aux opérations de 1912 à 1920 au Maroc, et à la Grande guerre de 1914-18, conflits au cours desquels ces unités remplirent leurs premières pages de gloire.

 

 

De surcroît, sur les soies du drapeau du 17 figure l’inscription "GERMERSHEIM 1945", héroïque et décisif fait d’armes des sapeurs et des propulsistes du :

 

 

17e Régiment Colonial du Génie (RCG)

 

Franchissement Germersheim (1945)

31 mars 1945 - Le franchissement de "vive force" du Rhin

 

 

qui, le 31 mars 1945, malgré des moyens réduits et sous le feu des casemates ennemies, firent merveille lors du franchissement de "vive force" du Rhin à Mechterscheim, localité allemande située dans le Palatinat, entre Germersheim et Spire.

Créé le 1er mars 1944 au Maroc, engagé dans les combats du 20 août 1944 au 12 juillet 1945 de la Méditerranée au Wurtemberg, de Toulon à Ulm, le 17e Régiment colonial du génie effectua avec brio la totalité des campagnes de France et d'Allemagne.


 

Le 17e Régiment du Génie Parachutiste (RGP)

a l’honneur d’être l'héritier de ce glorieux régiment de l’Armée d’Afrique et de la 1ère Armée "RHIN ET DANUBE" commandée par le général de Lattre de Tassigny.

Dépositaire du patrimoine historique du 17e Régiment colonial du génie, le 17e Régiment du génie parachutiste est fier d’en détenir les traditions, et d’en entretenir fidèlement l'esprit et la mémoire.

 

 

Le Génie d'assaut par la troisième dimension

Parachutage depuis un avion

C'est en France, à la fin de la "Grande guerre", que naît l'idée de parachuter des combattants derrière les lignes ennemies. Ceci après une mission au cours de laquelle cinq avions "Voisin 10" devaient déposer un commando dans les Ardennes. Non sans difficulté. En effet, trois avions dans l'impossibilité d'atterrir avaient fait demi-tour, le quatrième était tombé en panne, le dernier avait réussi son atterrissage mais, repéré par une patrouille, il fut volontairement incendié par son équipage.

Aussi, en octobre 1918, le commandant Evrard obtint de l'état-major qu'un détachement de sapeurs du génie soit entraîné au parachutisme afin d'effectuer une mission de sabotage, à nouveau dans les Ardennes.

Munis de moyens de transmission et d'explosifs, les sapeurs avaient pour objectif de détruire une voie ferrée, une centrale et des installations électriques. Mais la progression des troupes alliées, plus rapide que prévu, annula la mission.

 

En 1935 l'idée est reprise peu de temps avant la création de l'école de parachutistes de la base aérienne d’Avignon-Pujaud. A l’Etat-major, on évoque l’idée de « transporter par avion chez l’ennemi un petit détachement de destruction : un noyau de sapeurs avec 150 kg d’explosif et un élément d’infanterie de protection aussi réduit que possible ».  

 

En fait, les premiers exploits mettant en valeur la spécificité génie et les sapeurs au sein des troupes d’assaut par la troisième dimension ont été réalisés cinq années plus tard.

C'est en effet le 10 mai 1940, il y a donc plus de soixante-quinze ans, que les sapeurs parachutistes allemands, équipés d'explosifs à charge creuse, s’illustrèrent par la magistrale prise du fort d’Eben-Emael par un enveloppement vertical sur le canal Albert en Belgique dans la province de Liège.


 

 

 

Afrique Française du Nord - Algérie, Maroc (1946/1949)

 

Reconstitué à partir du 91e Bataillon du génie (BG), qui dès mars 1945 avait combattu sur le front de l'Atlantique au sein de la 25e Division d'infanterie, le :

 

 

17e Bataillon du génie (BG)

Insigne du 17e Bataillon du Génie aéroporté (1946)

 

est recréé le 1er août 1946 à la caserne Lemercier, à Hussein-Dey, en Algérie.

Il est à composantes aéroportées.

 

gloire au 19ème Génie, monument

Caserne Lemercier à Hussein-Dey (Algérie), le Monument à la gloire du génie d'Afrique

 

 

En effet, en novembre 1945 la 25e Division d'infanterie devient une unité aéroportée et se nommera l'année suivante 25e Division aéroportée (DAP).

C'est ainsi que le 17e Bataillon du génie constitua dès sa création l'élément "génie parachutiste" de cette Division.

 

  

- Hussein-Dey - 17e Bataillon du génie, Classe 1946/2

17e Bataillon du génie de la 25e Division aéroportée (DAP), classe 1946/2, Hussein-Dey (Algérie)

 

Ecusson de la 25e Division Aéroportée (25e DAP) et de la 25e Division d'Infanterie Aéroporté (25e DIAP)

25e Division aéroportée (DAP)

 

 

 

Les réorganisations successives des structures aéroportées forment à Hussein-Dey :


- en novembre 1946, le :

 Génie divisionnaire de la 25e Division aéroportée (DAP),

regroupant les Compagnies n° 17,

Insigne du 17e Bataillon du Génie aéroporté (1946)

 

- en septembre 1948, le :

 Groupement du Génie n° 17 du Centre des spécialités aéroportées (CSAP),

17e BGAP 1949, CIGAP 1957, 17 rgap 1963

 

 

Ces restructurations conduisent en février 1949 à la création à Hussein-Dey du :


 

17e Bataillon du génie aéroporté (BGAP)

17e BGAP 1949, CIGAP 1957, 17 rgap 1963

 

 

Le 2 mars 1949, le 17e BGAP quitte l'Afrique française du nord. Il est transféré en métropole à la caserne Banel de Castelsarrasin, dans le département du Tarn-et-Garonne, par regroupement de sa compagnie de commandement 17/9 et de ses trois compagnies de combat :


- 17/9 et 17/1 basées en Algérie (respectivement à Hussein-Dey et à Bougie),

- 17/2 basée au Maroc (successivement à Marrakech, Safi, Port-Lyautey),

- 17/3 créée en 1947 à Mont-de-Marsan, dans le département des Landes.

 

Résultat de recherche d'images pour

La caserne Banel à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne)


 

 

 

 

 

 

Extrême-Orient - Indochine, Corée (1947/1955)

 

 

GLAP

BAPN                                                                                                   BAPS

 

Dès lors, c'est de la caserne Banel de Castelsarrasin que le 17e Bataillon du génie aéroporté alimente ses sections intervenant en Indochine.

Auparavant, le Groupement léger aéroporté (GLAP) ayant été formé à Sétif en juillet 1948, c’est à partir de l'Algérie qu'une section de sapeurs parachutistes du Groupement du génie n° 17 du Centre des spécialités aéroportées est engagée en Extrême Orient.

 

 

Cette section participe, à partir de Hanoï, aux nombreuses opérations aéroportées, terrestres et amphibies menées dans le delta du Tonkin, en moyenne et haute régions : "Valentine", "Ondine", "Pégase" (au cours de laquelle la section perd son chef, le lieutenant Meyran), "Parasol", "Diane 1 et 2", "Parha", "Pomone 1 et 2", "Bastille", "Canigou", "Junon" en Annam, "Tombeau", "Diabolo",  "Quadrille", "Albatros"... Elle intervient à Nghia Do, Dong Khé, Cao Bang. "...Unité infatigable qui, formée d'une élite de combattants spécialisés (...), s'est avérée un instrument puissamment efficace par les coups portés au potentiel de guerre rebelle..." (extrait de la citation à l'ordre de l'Armée du 23 novembre 1950). La croix de guerre des théâtres d'opérations extérieures avec palme est attribuée à la section du Groupement du génie n° 17 devenue, en février 1949, 1ère section du 17e Bataillon du génie aéroporté de la Base aéroportée nord (BAPN) à Hanoï.

 

A partir d'octobre 1950, la 2e section de sapeurs parachutistes de relève (Base aéroportée nord à Hanoï) du 17e Bataillon du génie aéroporté contribue avec la même densité aux opérations menées au Tonkin et en Annam jusqu'en août 1952. Après avoir participé à l'opération "Phoque", être intervenu à Thaï Nguyen, Thaï Binh, les sapeurs parachutistes combattent à Vinh Yen, Mao Khe dans le massif de Dong Trieu, lors de la bataille du Day. Ils sont engagés dans les opérations "Citron", "Mandarine", "Amande", "Lotus"... Ils interviennent à Quang Tri en Annam, sur l'ile de Myzai, à Nhioc Xuc, Nam Dinh, Song Toï... 

 

1952 – Hanoï - 2ème section du 17e Bataillon du génie aéroporté- Le Lieutenant CONCHE adjoint du Lieutenant ELISSALDE et le Sergent GUIRAL

1952 - Hanoï, 2e section du 17e Bataillon du génie aéroporté (BGAP)


 

Parallèlement, une section de sapeurs parachutistes créée dès 1947 appartient au 61e Bataillon colonial du génie implanté à Saïgon. Ce bataillon a été formé en 1945 à partir de deux compagnies du 17e Régiment colonial du génie. La section parachutiste s'illustre le 9 octobre 1947 en sautant sur Bac Kan avec le 1er Bataillon parachutiste de choc lors de l'opération "Léa", puis à La Hien dans le cadre de l'opération "Ceinture". En 1948 la section participe aux opérations dans le Delta, à Dong Trieu, Luc Nam, au Bavi, sur la route coloniale RC4. En fin d'année, ses sapeurs parachutistes rejoignent le Groupement du génie n° 17 du Centre des spécialités aéroportées.

A partir de 1948, une section de sapeurs parachutistes basée à Saïgon appartient au 71e Bataillon colonial du génie. Elle est rattachée en 1949 à la Base aéroportée sud (BAPS) à Saigon. Elle se distingue particulièrement en Cochinchine, dans la Plaine des Joncs, ainsi qu'en Sud-Annam, participant aux opérations "Huron", "Caïbe", "Dragon", "Jonquille". En 1952 les sapeurs parachutistes sautent au Tonkin, à Santay, Hoa Binh, Nam Dinh, Sam Neua pour l'opération "Noël", au Nord-Laos dans la Plaine des Jarres, et contribuent à l'évacuation du camp retranché de Na San en août 1953. Cette section deviendra deux mois plus tard l'un des éléments constitutifs de la 17e Compagnie parachutiste du génie (CPG).


Insigne du 17e Bataillon du Génie aéroporté (1946)Insigne du 61e Bataillon colonial du GénieInsigne du 71e Bataillon colonial du Génie17e BGAP 1949, CIGAP 1957, 17 rgap 1963

 

En effet, au cours du quatrième trimestre 1953, le corps de bataille viet-minh prépare son offensive générale vers le Laos à travers la Haute région. Le génie aéroporté d'Indochine est alors regroupé en une seule unité.

 

C'est ainsi qu'à Hanoï la 17e Compagnie parachutiste du génie (CPG) est créée le 28 octobre 1953.

Elle est constituée à partir de la 3e section du 17e Bataillon du génie aéroporté de la Base aéroportée nord (BAPN) à Hanoï, de sa section de garde et d'appui, et de la section parachutiste du 71e Bataillon colonial du génie de la Base aéroportée sud (BAPS) de Saïgon.

 

Le Cne Duboucher

 

 

17e BGAP 1949, CIGAP 1957, 17 rgap 1963

 

 

Le Capitaine du Boucher

 

 

 

La 17e Compagnie parachutiste du génie est aux ordres du capitaine du Boucher, précédemment à la tête de la 3e section du 17e Bataillon du génie aéroporté, section de relève créée en août 1952 qui s'était illustrée lors de l'opération "Lorraine" à Phu Doan le 9 novembre 1952, à Na San dans les combats du camp retranché en décembre 1952, au cours de l'opération "Hirondelle" à Lang Son le 17 juillet 1953, et dans le delta du Tonkin. Cette section comportait un quart de sapeurs légionnaires parachutistes.

 

17 juillet 1953 - Lang-Son, opération "Hirondelle", 3e section, préparatifs de destruction de 5.000 tonnes de réserves viet-minh (camions, essence, armement, équipements, vivres...)

 

 

Trois semaines après sa création (28 octobre 1953), la 17e Compagnie parachutiste du génie effectue en première vague son premier saut de guerre le 20 novembre 1953 sur Dien Bien Phu, dans le cadre de l’opération "Castor", où notamment elle rétablit en trois jours et trois nuits la piste de Dakotas. Le premier appareil peut se poser dès le 25 novembre, avec une semaine d'avance sur les prévisions.

 

Résultat de recherche d'images pour

20 novembre 1953 - Dien-Bien-Phu, opération "Castor"
 
 
 
 
 
 
Des éléments de la compagnie participent à l'opération "Atlante-Aréthuse" à partir du 8 janvier 1954. Les sapeurs parachutistes débarquent en première vague à Tuy Hoa avec le 2e Bataillon étranger de parachutiste et le 1er Bataillon de parachutistes vietnamien. La mission a pour objectif de créer une tête de pont en zone viet-minh au sein de laquelle les opérations de nettoyage se poursuivront jusqu’au 29 janvier.

La 17e Compagnie parachutiste du génie est en outre chargée à partir du 14 mars 1954, jour après jour, de l'ouverture et du déminage de la route coloniale RC5 reliant Hanoï à Haï Phong et de la voie ferrée Haï Duong - Hanoï.

Fin mars 1954, les sapeurs parachutistes ont pour mission de dépièger la route coloniale RC19 et ses abords d'Ankhe à Pleiku.

En mai 1954, ils interviennent à Dao Vien et sur la route de De Cau avec le 5e Régiment étranger d'infanterie.

En juin et juillet 1954, ils prennent part aux opérations du Groupement aéroporté n° 1 avec le 1er Bataillon de parachutistes coloniaux et le 1er Bataillon de parachutistes vietnamiens.

 

 

Six mois auparavant, la 3e Compagnie du génie aéroporté vietnamien (CGAPVN) est créée, le 1er janvier 1954 à3e CGAPVN Hanoï, avec le soutien de la 17e Compagnie parachutiste du génie (CPG).

La 3e CGAPVN constitue l’élément génie parachutiste du 3e Groupement aéroporté vietnamien auquel sont rattaché les Bataillons de parachutistes vietnamiens (BPVN).

Aux ordres du Capitaine Cramont, adjoint du Capitaine du Boucher, la 3e CGAPVN est commandée, formée et encadrée par des officiers et sous-officiers sapeurs parachutistes détachés de la 17e Compagnie parachutiste du génie.

En mai 1955, la 3e Compagnie du génie aéroporté vietnamien est mise à disposition de l’Etat du Vietnam qui deviendra en octobre 1955 la République du Vietnam (Sud-Vietnam).


 

La même année, la 17e Compagnie parachutiste du génie est rattachée à la Base aéroportée d'Extrême-Orient à Saïgon.

Au terme de la guerre d'Indochine, la 17e Compagnie est dissoute le 30 juin 1955 et ses éléments rejoignent le 17e Bataillon du génie aéroporté à la caserne Banel de Castelsarrasin.

 

 

Insignes BF corée

Ainsi, dès 1947, la spécificité et les savoir-faire du génie aéroporté furent reconnus en Indochine. Son indispensable appui conduisit le commandement à engager constamment et avec efficacité ses sapeurs parachutistes. Ils tinrent leur place et justifièrent leur emploi dans l’esprit de bravoure et d’abnégation commun à ces nouveaux soldats d’élite qui "descendus du ciel découvraient l’enfer".

On ne peut clore ces premiers pas marqués d’éclat, d'audace et de rigueur sans évoquer tous ceux qui, de retour d'Indochine, se portent volontaires en 1950 et 1951 pour servir au célèbre Bataillon Français de l'ONU en Corée, unité rattachée au 23e Régiment de la 2e Division d'infanterie des Etats-Unis, la mythique "Indianhead".

Les sapeurs parachutistes sont affectés aux compagnies de combat du "Bataillon de Corée" et principalement à la section des pionniers aux missions spécifiques : interventions en avant des lignes alliées et à l'intérieur des lignes chinoises et nord-coréennes, patrouilles de longue durée et coups de commando, soutien aux chars, destruction et construction de fortifications de campagne, minage, déminage...

 

 


18 septembre 1952 - Yunch'on, Corée, Le commandement américain salue la section des pionniers du Bataillon Français

 

 

Au sein de ce bataillon, les sapeurs parachutistes se distinguent sans exception. Ainsi le 6 octobre 1952, face aux vagues d'assaut chinoises, ils font une fois de plus preuve d'héroïsme sur Arrowhead, à l’exemple d’un des leurs qui, à court de munitions, exhorte ses hommes par un ordre sans ambiguïté : "... maintenant les gars, on se bat à la française ! ", avant d’être submergé par le nombre.

 

 

 

 

 

Algérie (1954/1962)


Le 1er novembre 1954, la "Toussaint rouge" (ou "Toussaint sanglante") marque le début des "évènements" d’Algérie. Soixante-dix attentats ont lieu en une trentaine de points du territoire algérien, particulièrement dans les Aurès et en Kabylie.

Les sapeurs parachutistes du 17e Bataillon du génie aéroporté (BGAP) basé à la caserne Banel de Castelsarrasin sont immédiatement envoyés dans les départements d’Algérie française.

 

Algérie – 1ère section de la 75e CGAP  - Adjudant DESBOIS

La 75e Compagnie du génie aéroporté, 1ère section (CGAP) - Algérie


 

Ainsi à partir des compagnies de combat 17/1 et 17/3 du 17e BGAP, deux compagnies opérationnelles du génie aéroporté seront créées, unités formant corps et organiques des deux divisions parachutistes d'Algérie (respectivement de la 10e et la 25e DP créées en 1956). Ce sont les :

 

 

60e et 75e Compagnies du génie aéroporté (CGAP)

 

10e dp60e CGAP25e DP75e CGAP

 

Le 17e Bataillon du génie aéroporté (BGAP) alimente en sapeurs parachutistes les deux compagnies d'Algérie et devient en 1958 le :

 

 

Centre d’instruction du génie aéroporté n° 17 (CIGAP 17)

17e BGAP 1949, CIGAP 1957, 17 rgap 1963

Basé à la caserne Banel de Castelsarrasin où les personnels se forment, se qualifient et s'entraînent avant de rejoindre en Algérie la 60e ou la 75e CGAP, le CIGAP 17 comprend une Compagnie de commandement et de service (17/CCS) et une Compagnie d'instruction (17/CI).

Ainsi, de 1954 à 1962, les sapeurs parachutistes issus du 17 participent en Afrique française du nord aux opérations de leur division et assurent un large éventail de missions spécialisées essentielles.

60e Compagnie du génie aéroporté, AFN - Blida : Saint-Michel 1956

La 60e Compagnie du génie aéroporté (CGAP) - Algérie

 

 

Leurs engagements à hauts risques sont permanents et couvrent la totalité du territoire algérien:

- reconnaissance et ouverture d’itinéraires avec opérations de déminage, dépiégeage et destruction d'engins explosifs ; accompagnement et protection d'unités ; participation aux opérations interarmes et d'assaut, ratissage et embuscades ; protection de points stratégiques et de fermes isolées ; investissement, fouille, réduction de sites, de refuges souterrains, de grottes et caches occupés par les rebelles ; destruction de puits et de galeries de mines servant de dépôts d'armes et de munitions ou de réserves de vivres ; mise en place de mesures antiterroristes ;

AFN 75e CGAP Réduction de grotte

75e Compagnie du génie aéroporté, réduction de grotte - Algérie

 

 

- création d'aires de poser d'aéronefs (avions légers, hélicoptères) et de zones de saut opérationnelles ; réalisation et remise en état de pistes opérationnelles ; création et aménagement de points d'appui et de protection ; reconnaissance de la vulnérabilité et de la solidité de ponts et tunnels ; lancements de ponts provisoires ; construction des postes, installation des radars et des réseaux électrifiés de la ligne Challe (constituant le "barrage avant" de la ligne Morice) sur la frontière algéro-tunisienne…


 

Egypte (Suez 1956)

En 1956, en Egypte, la 60e Compagnie du génie aéroporté (CGAP) est engagée dans l’opération franco-britannique sur le canal de Suez, dans ses deux composantes, amphibie et aéroportée à Port Saïd, Port Fouad, El Raswa.

 

Tunisie (Bizerte 1961/62)

En 1961, en Tunisie, la 60e CGAP participe aux combats de dégagement de la base navale militaire française et du quartier européen de Bizerte investis par l'armée tunisienne notamment à Sidi Abdallah, Sidi Yaya, Sidi Ahmed.

En 1962, prenant la relève de la 60e CGAP, la 75e CGAP devenue 61e CGAP, est à son tour à Bizerte.

 

Givet : Création du Centre d'entraînement commando (CEC) de la 11e DLI (1961/62)

Entre temps, en 1961, la 61e (ex 75e) Compagnie du génie aéroporté (CGAP) était rentrée d'Algérie pour participer, au Fort de Charlemont de Givet dans les Ardennes, à la conception, la réalisation technique et la mise en activité du premier Centre d'entraînement commando (CEC) français créé en faveur de la 11e Division légère d'intervention (11e DLI). La 11e DLI, Division parachutiste créée le 1er mai 1961 en Algérie, avait succédé aux 10e et 25e Divisions parachutistes d'Algérie et en regroupait la plupart des unités notamment la 61e CGAP.

Le 28 octobre 1961 à Givet, la Section de base de la 61e CGAP devient Centre d'entraînement commando de la 11e DLI comprenant une escouade de manœuvre et d'entretien et le groupe des instructeurs commando.

La 61e CGAP maintient pour sa part, à la caserne Mangin de Givet, une section technique groupant les moyens auto-engins et transmissions, ainsi que trois sections de combat. Celles-ci interviendront à Bizerte en Tunisie de janvier à mars 1962.

Ecusson de la 11e Division Légère d'Intervention

11e Division légère d'intervention (mai 61)

 

 

Fin 1962, les deux compagnies (60e CGAP à Sidi-Ferruch et 61e CGAP à Givet) rejoignent le CIGAP 17 à la caserne Banel de Castelsarrasin.

"1954/1962", une page glorieuse de l'histoire du 17 se tourne.

 

 

 

 

 

Objectif "Centre-Europe", Afrique (1963/1978)

Après le cessez-le-feu en Algérie et le retour des deux compagnies du génie aéroporté en métropole, il est créé le 1er janvier 1963 à Castelsarrasin le :

 

 

17e Régiment du génie aéroporté (RGAP).

17e BGAP 1949, CIGAP 1957, 17 rgap 1963

Ainsi, à la suite des guerres d'Indochine, de Corée et d'Algérie, de l'Extrême-Orient à l'Afrique du Nord, c'est la première fois depuis quatorze ans que les sapeurs parachutistes se retrouvent au complet dans leur caserne Banel de Castelsarrasin.

La caserne Banel, "Berceau (avec Hussein-Dey en Algérie) du génie aéroporté", leur avait été attribuée en 1949 avec l'arrivée du 17e Bataillon du génie aéroporté (BGAP) en provenance d'Afrique du Nord (Algérie, Maroc) dont une section était cependant déjà en Indochine.

 

1964 : aérodrome de Gandalou (Castelsarrasin), cérémonie de remise du drapeau du 17e Régiment du génie aéroporté (RGAP) commandé par le Lieutenant-colonel Pantalacci

Le Lieutenant-Colonel PANTALACCI, Chef de corps

 

En 1963, le 17e Régiment du génie aéroporté (RGAP) est formé à partir des deux compagnies 60e et 61e (ex 75e) du génie aéroporté (CGAP) de retour d'Algérie et des deux compagnies du Centre d'instruction du génie aéroporté n° 17 (CIGAP 17) basé à Castelsarrasin.

La 60e redevient 1ère compagnie de combat (17/1) et la 61e constitue la 2e compagnie de combat (17/2) du régiment.

Un Etat-major (17/EM), une compagnie de commandement et des services (17/CCS), une compagnie d'instruction (17/CI) et une troisième compagnie de combat (17/3) sont constitués.

Le régiment est ainsi complétement structuré.

1964 – 17e RGAP - La tour de saut de Lavalette à Castelsarrasin, construite par les sapeurs parachutistes en éléments de pont Bailey

Il fait pleinement profit de sa vaste zone technique "génie" de Lavalette à Castelsarrasin au sein de laquelle se trouve un centre de formation et d'entraînement parachutiste avec sa tour de saut de 18 m ; de son Ecole des ponts et de navigation établie sur le Tarn ; de son champ de tir et d'entraînement de Cordes-Tolosannes situé en bord de Garonne ; de sa "drop-zone" de Gandalou, zone de saut jouxtant l'aérodrome de Castelsarrasin-Moissac ; ainsi que de la proximité du camp de manoeuvre de Caylus.

Les sapeurs du 17 complètent leur formation à l'Ecole des troupes aéroportées (ETAP) à Pau (Pyrénées-Atlantiques) où ils obtiennent le brevet militaire de parachutiste, ainsi qu'au Centre d'entraînement à la montagne (CEM) de Barèges (Hautes-Pyrénées), créé en 1963, où se forment au combat de montagne les parachutistes de la 11e division d'intervention.

La piste de risque du CEM de Barèges, mise en activité en 1965, est conçue et réalisée par le 17.

La même année à Castelsarrasin, en complément de "l'historique" Banel, une seconde caserne vaste et fonctionnelle est construite à proximité immédiate de la zone technique de Lavalette où sont transférés le poste de commandement, la compagnie de commandement et des services, et les trois compagnies de combat.

 

 

Ecusson de la 11e Brigade Parachutiste

11e Division d'intervention (déc 63), 11e Division parachutiste (déc 71)

 

 

Résultat de recherche d'images pour

Septembre 1964 - Caserne Banel, la 1ère section de la Compagnie d'instruction du 17e RGAP

 

 

Ainsi, en pleine "guerre froide" entre les blocs de l'Est et de l'Ouest, le 17e Régiment du génie aéroporté est un outil expérimenté, évolutif, réactif et performant, aux personnels qualifiés, particulièrement entraînés et déterminés, développant de nouvelles capacités :

- car, fort des enseignements des graves crises de Berlin en 1961 (début de la construction du "mur" entre les parties est et ouest de Berlin) et de Cuba en 1962 (installation de missiles nucléaires soviétiques sur l'île),

- et dans l'hypothèse d'un engagement sur le théâtre "Centre-Europe" pour contrer la menace permanente des forces du Pacte de Varsovie,

- de nouvelles missions, en plus de celles traditionnelles du génie aéroporté, sont confiées au 17: création de bases de départ, action rapide sur les arrières de l'ennemi, prises de gages, combat antichar retardateur, protection et emploi des moyens NBC (nucléaire, biologique, chimique).

Notamment, l'Inspection des troupes aéroportées envisage de confier au 17e RGAP l'utilisation de charges nucléaires statiques, d'en faire l'une des spécialités du génie aéroporté, afin d'interdire les voies d'accès essentielles aux blindés du Pacte de Varsovie en cas d'invasion de l'Allemagne de l'ouest (plaine d'Allemagne du nord, trouée de Fulda, vallée du Danube).

 

 

1965 - Exercice d’assaut au lance-flamme au camp de Caylus

1965 - Exercice d'assaut au lance-flamme


 

D'autres spécialités innovantes apparaissent au sein du 17e RGAP, ainsi :

- l'équipe de Saut opérationnel à grande hauteur (SOGH) préfigure déjà la Section de reconnaissance et d'actions spécialisées (SRAS), puis le Commando de recherche et d'action en profondeur (CRAP), aujourd'hui le Groupe de commandos parachutistes (GCP).

- l'équipe des plongeurs de la Section d'aide au franchissement (SAF) annonce le Détachement d'intervention nautique (DIN), puis la Section nautique d'intervention offensive (SNIO), aujourd'hui le Groupe des plongeurs de combat du génie (PCG).

 

L'orientation et la priorité données au théâtre "Centre-Europe" ouvrent une coopération et une participation à des manoeuvres avec des unités des armées alliées, notamment en Allemagne de l'ouest.

Cependant le 17e RGAP intervient aussi en Afrique de 1967 à 1970 : sur le Territoire français des Afars et des Issas (à Djibouti, Arta, Dikil, Loyada), au Gabon, au Tchad, et au Biafra.

En 1970, une compagnie du 17 est projetée en urgence en Martinique afin de rétablir les voies de communication et les ponts détruits par le cyclone "Dorothy".


 

VIDEO du 17 : "de 1870 à 1970" (veuillez cliquer sur la flèche centrale)

 

Mais suite à une restructuration générale de la division parachutiste et à l'application de nouveaux concepts d'emploi, le 17e Régiment du génie aéroporté est dissout le 30 juin 1971.

Cependant le génie aéroporté continue d'exister puisque subsistent les 1ère et 3e compagnies de combat du 17.

Ces compagnies sont transférées au sein des régiments d'appui de la 11e Division parachutiste, unités devenant interarmes, respectivement au 1er Régiment de hussards parachutistes à Tarbes (2e Brigade parachutiste) et au 35e Régiment d'artillerie parachutiste à Auch (1ère Brigade parachutiste), où les sapeurs parachutistes, qui interviendront au Tchad, conservent leurs missions, leur devise, et leurs traditions "génie aéroporté".

Cette organisation ne dure que trois ans.

En effet, dès le 1er juillet 1974, le commandement recrée le 17e Régiment du génie aéroporté dans sa totalité et ses spécialités afin de faire face aux opérations extérieures pour lesquelles les sapeurs parachutistes, aux qualifications et spécificités multiples, sont très sollicités.

En outre la formule des régiments homogènes, à l'esprit de corps affirmé, apparaît plus rationnelle et efficace que des unités interarmes.

Ainsi le 17e Régiment du génie aéroporté, dont la nécessité est reconnue par le commandement et l'ensemble des unités de la division, renaît avec enthousiasme et s'installe, non plus à Castelsarrasin dont les installations sont occupées mais, toujours dans le Tarn-et-Garonne, au quartier Doumerc à Montauban.

 

Le quartier Doumerc en 2005

Le quartier Doumerc et ses zones techniques, Montauban (Tarn-et-Garonne)


 

La portion centrale est constituée d'un Etat-major (17/EM), d'une compagnie de commandement et des services (17/CCS), d'une compagnie d'instruction (17/CI), et d'une compagnie d'appui (17/CA).

Pour leur part, les deux compagnies de combat de sapeurs parachutistes de Tarbes (17/1) et d'Auch (désormais 17/2) font d'abord mouvement, faute de locaux disponibles, vers la caserne Banel de Castelsarrasin, avant de rejoindre l'année suivante le vaste quartier Doumerc à Montauban que le régiment ne va jamais cessé d'améliorer, de moderniser et de développer, notamment en créant de nouvelles zones techniques. Sans omettre de parfaire l'esthétisme de ce remarquable ensemble.

1974 : le 17e Régiment du génie aéroporté (RGAP), recréé à Montauban aux ordres du Lieutenant-colonel Martin, Chef de corps, retrouve son drapeau

1974 - Le 17e Régiment du génie aéroporté (RGAP) est recréé à Montauban

 

 

Le 17e Régiment du génie aéroporté (RGAP) reconstitué reprend immédiatement et développe la diversité de ses missions génie aéroporté toujours principalement axées sur l'engagement en "Centre-Europe". Il perfectionne notamment ses missions d'assaut et de commando, coopère avec les formations aéroportées des armées alliées, tout en participant cependant à des manoeuvres et opérations en Afrique.

Ainsi à nouveau, le 17 intervient au Gabon, à Djibouti, au Tchad, et c’est le 27 mars 1978 que le régiment prend son actuelle appellation :

 


17e Régiment du génie parachutiste (RGP).


Insigne 17e RGP

 

Les nombreux bouleversements géopolitiques et les nouveaux rapports de forces dans un monde en effervescence orientent de plus en plus les actions du 17 vers les théâtres d'opérations extérieures, et en août 1978 une troisième compagnie de combat et créée (17/3).

 

 

Sur les cinq continents, aux quatre coins du monde (1978/...)

Aussi, à partir de 1978, le 17e Régiment du génie parachutiste va être constamment engagé sur tous les théâtres d’opérations où l’Armée française sera projetée, dans l’urgence, aux quatre coins du monde :

 

- en commençant par le Moyen Orient où le régiment va notamment servir durant vingt mandats successifs au sein de la Finul au Sud-Liban puis à Beyrouth, et aujourd'hui encore au Sud-Liban.

- en Turquie et au Kurdistan turc et irakien ;Vignette carte projections

- dans le Golfe arabo-persique : au Koweït, en Irak, en Arabie saoudite, au Bahreïn, au Qatar, en Oman ;

- en Asie centrale : au Pakistan, au Tadjikistan, en Afghanistan ;

- en Asie du sud-est : au Cambodge ;

- en Afrique : au Tchad, au Sahara occidental, en République Centre Africaine, au Gabon, au Togo, en Somalie, au Rwanda, au Congo, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Bénin, au Sénégal, en Angola, au Ghana, en Guinée-Equatoriale, au Mozambique, à Madagascar, au Zaïre, en Mauritanie, au Mali ;

- dans les Balkans : en Bosnie-Herzégovine, au Kosovo, en Macédoine, en Albanie ;

- dans les Départements et Territoires français d’Outre-Mer : en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, à Wallis et Futuna, en Polynésie, notamment à Mururoa.

 

Parallèlement, le 17e RGP coopère, échange et s'entraîne avec des unités aéroportées et du génie britanniques, allemandes, espagnoles, belges, néerlandaises, canadiennes, et des Etats-Unis (Fort Bragg).


 

 

Le 17,  le "couteau suisse" de la 11e Brigade parachutiste

Ainsi, par leur longue expérience acquise partout dans le monde, par la maîtrise de leurs nombreux savoir-faire tactiques et techniques spécifiques, pour certains uniques (voir la rubrique "Les missions"), par leur rigueur, leur sens du service et leur dynamisme, les sapeurs parachutistes ont obtenu une réputation internationale dans un grand nombre de domaines.

Ils ont acquis notamment une solide notoriété en matière de déminage, de dépiégeage, de neutralisation et de destruction des engins explosifs, missions périlleuses effectuées au profit des forces armées, mais aussi en faveur des populations civiles, participant à leur sauvegarde, rétablissant une vie normale dans des régions dévastées et insécurisées, ce qui a conduit à qualifier les sapeurs parachutistes du 17 de "Démineurs de l’espoir".

En outre, leur rusticité, leur ingéniosité, leur polyvalence, leur réactivité, leur esprit d’innovation, leur efficacité, ont mené à établir un parallèle entre le "17" et l’incontournable et précieux "couteau suisse" !...

 


 

VIDEO du 17 : "Démineurs de l'espoir" (veuillez cliquer sur la flèche centrale)

 

 

 

Pour la Patrie ! ...

Tous ces engagements aux quatre coins du monde ont inévitablement été accompagnés du sacrifice de nombreux sapeurs parachutistes.

Depuis l'installation du 17 à Montauban en 1974, une trentaine de cadres et de soldats en opérations sont morts pour la France, une cinquantaine sont morts en service, une quarantaine d’autres sont durablement marqués dans leur chair.

 

Ainsi depuis 1944, le 17 s'est engagé pleinement et a participé, avec honneur, courage, dévouement et compétence, à tous les grands engagements de l'Armée française.

 

Colonel TRICAND de la GOUTTE, Chef de corps, en tête du 17e Régiment du génie parachutiste (RGP)

Le colonel Tricand de la Goutte, Chef de corps, en tête du 17e RGP


 

Riche de son histoire, fidèle à son passé et à la devise de ses Anciens

« Sapeur suis, Para demeure »

le 17e RGP, au profit de la 11e Brigade parachutiste, se prépare, anticipe, s’instruit, s’entraîne et innove pour affronter, partout dans le monde, tous les défis qui ne manqueront pas de survenir.

Ecusson de la 11e Brigade Parachutiste Insigne 17e RGP

 

 

VIDEO du 17 : "Présentation du régiment" (veuillez cliquer sur la flèche centrale)

 

Voir aussi les VIDEOS en rubriques ci-dessous :

"Les missions" (Plongeurs de combat), "Attentat du 15 mars" (Eloge funèbre du Président de la République), ainsi que sur "Le blog de l'amicale (voir ci-dessus le Menu principal)

 

  

 

Les chefs de corps