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Les Chants

De tout temps, les chants ont accompagné les combattants.

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Ainsi, dans l'Antiquité des chants sacrés étaient interprétés pour appeler le secours des puissances surnaturelles : c’est par exemple le "péan" des Grecs, chant solennel collectif entonné avant le combat, au départ d'une flotte, après une victoire...

Au Moyen Âge, les cantiques des batailles étaient entonnés tel le célèbre "Vexilla Regis", chant d’action de grâce composé en 569 par l'évêque de Poitiers, Venance Fortunat, et qui débute ainsi : "Vexilla Regis prodeunt" (l'Etendart du Roi va marchant...).

« Le rythme est une force », écrivait le musicologue Julien Tiersot en 1889, « et le soldat y puise l’énergie lui permettant de surmonter les fatigues du service ».

Mais le rôle principal du chant est d’abord d’entretenir la cohésion.

Les chants de tradition des troupes aéroportées sont nombreux. Bien que d'origines diverses, ils portent en eux le formidable pouvoir de cohésion et de fraternité parachutistes.

Chants volontaires, joyeux ou emprunts de nostalgie, ils reflétent la grande saga des parachutistes et retracent ou évoquent les origines, les unités, les anciens, les copains, les époques, les pays parcourus et la terre natale, les missions, les actions héroïques et glorieuses, la femme aimée, les souffrances endurées partout dans le monde au service de notre patrie... 

Les chants parachutistes initent à la vie et à la mort. Courage, audace, disponibilité, générosité, fierté, honneur, fidélité, fraternité, goût de l'effort et du risque,... toutes ces vertus émaillent les chants et illustrent avec force, permanence et intensité, « l'esprit para ».

Ci-après figurent les deux chants régimentaires du 17, « L'Adieu suisse » et  « l'Echo du sapeur parachutiste », ainsi que la « Prière du parachutiste ».

Dans la rubrique « Saint Michel » (voir ci-contre dans le Menu « Les traditions ») se trouve l'Hymne à notre Saint-Patron (texte et enregistrement).

 



L'ADIEU SUISSE

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En 1515, à la suite de la bataille de Marignan, François 1er signe avec les Suisses un traité de paix perpétuelle par lequel ceux-ci s’engagent à fournir des soldats au service du Roi de France. Ce traité sera respecté jusqu'à la chute de la monarchie française en 1792. Selon les chansonniers militaires, « l’Adieu suisse » fut entonné par les Gardes Suisses lors de leur massacre aux Tuileries le 10 Août 1792.

Sous l’Empire quatre régiments d'infanterie suisses sont employés à la fois en Espagne et en Russie, et sous la Restauration, deux des huit régiments d'infanterie inclus dans la Garde Royale de 1815 à 1830 sont formés de Suisses.

En 1830, les régiments suisses cessent de  figurer à l’ordre de bataille de l’Armée française. Cependant les volontaires de ces unités sont admis au sein de la Légion Etrangère créée en 1831 par le Roi Louis-Philippe pour le service en Algérie.

« L’Adieu suisse » (intitulé aussi « les Adieux suisses ») figure dans le répertoire de l’Armée française en souvenir de ces unités d’élite.


En 1983 sous le commandement du colonel QUESNOT, « L’Adieu suisse », interprété antérieurement en compagnie, est devenu chant de tradition du 17e Régiment du génie parachutiste alors que notre unité sortait d’une longue période d’engagements opérationnels au Liban où elle perdit deux officiers, deux sous-officiers et onze sapeurs parachutistes.

Ce chant est une synthèse des valeurs et des sentiments auxquels les sapeurs parachutistes sont très attachés : « l'amitié, la solidarité entre compagnons de combat, la nostalgie, l'amour de sa compagne et de son pays », ainsi que précisé par le Colonel QUESNOT.

« L’Adieu suisse » a été interprété par le 17, officiellement et pour la première fois en 1983 dans la cour d'honneur des Invalides à Paris, au cours de l'hommage national rendu à six des nôtres ensevelis sous les décombres d'un immeuble de Beyrouth-Ouest. Cet immeuble fragilisé par des tirs d'artillerie s'écroula soudainement alors que l'équipe du 17 posait les explosifs pour le faire imploser.

 

« L’Adieu suisse » est interprété par les sapeurs paras du 17 en statique, au garde-à-vous.

 

Nous étions trop heureux, mon amie ;
Nous avions trop d’espoir et d’amour,
Nous croyions nous aimer pour la vie, (bis)
Mais, hélas, les beaux jours sont si courts. (bis)

 

Le bonheur dure trop peu sur la terre !
Entends-tu tout là bas le tambour ?
Mon doux cœur je m’en vais à la guerre,
(bis)
Ne crains rien jusqu'à l’heure du retour. (bis)

 

L’ennemi a franchi nos frontières,
Il a pris nos maisons et nos champs.
Défendons le pays de nos pères,
(bis)
Il faut vaincre ou mourir bravement. (bis)

 

Mes amis si Dieu veut que je meure,
Retirez cet anneau de mon doigt.
Portez-le à ma Mie qui me pleure, (bis)
Dites-lui : « cette bague est pour toi ! ». (bis)

 

Auteur compositeur :

Christian ZANELLA



 

L'ECHO DU SAPEUR PARACHUTISTE

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Ce chant régimentaire a été composé dans les années 90 par un jeune sapeur parachutiste de retour de Bosnie-Herzégovine, région en proie à l'époque à une terrible guerre due à la dislocation de la Yougoslavie communiste et à l'explosion des nationalismes entre Serbes, Croates et Bosniaques qui s'ensuivie.

Dans le cadre de l'ONU et de l'OTAN, le 17e Régiment du génie parachutiste avait alors engagé dans les Balkans de 1992 à 1996, dans des conditions difficiles et complexes, la quasi-totalité de ses personnels, de ses moyens et de ses savoir-faire dans ce qui était, plus que jamais, la "poudrière" de l'Europe.

Hommage au Drapeau, hommage aux Anciens, « L'Echo du sapeur parachutiste » évoque la glorieuse histoire du 17 et les dures et périlleuses missions accomplies partout dans le monde depuis 1944.

Dotés de courage, patience, ardeur, enthousiasme, et fidèles à la devise des Anciens « Sapeur suis, Para demeure », les sapeurs parachutistes tournés vers l'avenir poursuivent le glorieux et périlleux chemin...

 

Chant dynamique, « L'Echo du sapeur parachutiste » est un chant de défilé.



Sapeur parachutiste tu progresses loin là-bas,
En avant toujours prêt au combat,
En terres ennemies déjouant pièges et mines
Pour toujours le courage t’anime.


(Refrain)
Des rizières de l’Asie
Aux sables d’Arabie,
Partout, partout on salue notre ardeur,
Des hauteurs des Balkans
Aux vallées du Liban
Sapeur, Sapeur suis et Para demeure.


Parcourant le désert du Tchad
A l’immense horizon
Enthousiaste à remplir la mission,
Sur la terre africaine, sur la piste minée
La patience est ta fidèle alliée.


Tourné vers l’avenir, fidèle à ton glorieux passé,
Ton Drapeau fait toute ta fierté,
Germersheim, Indochine, Hommage à tes Anciens,
Derrière eux tu poursuis le chemin
.

 



 

 

LA PRIERE DU PARACHUTISTE

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Ce chant, mis en musique sur l'air de la « Marche de la Garde consulaire à Marengo », a été composé à partir d’un texte rédigé par André ZIRNHELD (1913/1942), alors professeur de philosophie au lycée Carnot de Tunis. Daté du 27 avril 1938, ce texte manuscrit figure dans son carnet découvert après sa mort. Il est intitulé « Prière » (voir le texte en page suivante).

André Zirnheld est né le 7 mars 1913 à Paris dans une famille d'origine alsacienne.

Au déclenchement de la seconde guerre mondiale, André Zirnheld est affecté au Liban. Il rejoint la « France Libre » en passant par la Palestine britannique et s’engage sur place au 1er Bataillon d’Infanterie de Marine. Envoyé à l’école des aspirants de Brazzaville, il est recruté, à la sortie, par le capitaine BERGÉ qui mettait sur pied les premières compagnies SAS françaises. Zirnheld se porte volontaire pour rejoindre la 1ère compagnie de parachutistes intégrée en tant que french squadron au SAS. Après plusieurs missions victorieuses il est proposé pour la Croix de guerre et la Military cross.

L’aspirant Zirnheld trouve la mort le 27 juillet 1942 au cours d’un raid sur les arrières de l’ennemi en Libye.

Il est le premier officier parachutiste français tué au combat.

Il sera fait Compagnon de la Libération à titre posthume.

Il repose au cimetière des Batignolles à Paris. L'Union nationale des parachutistes y organise une cérémonie en son honneur chaque 3e samedi de novembre.

 

Chanté en statique au garde-à-vous, « La prière du parachutiste » est devenue l'un des nombreux chants de tradition des parachutistes.

 

Mon Dieu, mon Dieu, donne-moi la tourmente
Donne-moi la souffrance
Donne-moi l’ardeur au combat,
Mon Dieu, mon Dieu
Donne-moi la tourmente
Donne-moi la souffrance
Et puis la gloire au combat. (bis)

 

Mon Dieu, mon Dieu, donne-moi la tourmente
Donne-moi la souffrance
Donne-moi l’ardeur au combat,
Mon Dieu, mon Dieu
Donne-moi la tourmente
Donne-moi la souffrance
Et puis la gloire au combat. (bis)

 

Ce dont les autres ne veulent pas
Ce que l’on te refuse
Donne-moi tout cela, oui tout cela,
Je ne veux ni repos, ni même la santé
Tout ça, mon Dieu, t’est assez demandé,
Mais donne-moi
Mais donne-moi
Mais donne-moi la foi,
Donne-moi force et courage
Mais donne-moi la foi,
Donne-moi force et courage
Mais donne-moi la foi
Pour que je sois sûr de moi


 

Donne-moi la tourmente
Donne-moi la souffrance
Donne-moi l’ardeur au combat,
Mon Dieu, mon Dieu
Donne-moi la tourmente
Donne-moi la souffrance
Et puis la gloire au combat. (bis)

 

Texte original de la "Prière"